Softail Blackline

Avec son nom qui claque comme une pluie sourde sur Los Angeles, le Blackline est faite pour séduire les rebelles et les amateurs du beau qui tutoie le simple. Même si la machine ne manque pas d’élégance, on ne peut pas sire qu’elle brille par son originalité. Harley prétend pourtant sans retenue que le Blackline est un custom s’inspirant des fondements de la moto, dépouillé à l’extrême, au style minimaliste des Bobbers de l’après-guerre… Bref, le même discours que pour chaque nouveau modèle dit ‘authentique’. On se demanderait presque l’utilité de ce modèle tant il se rapproche dans l’esprit et dans l’esthétique du Street Bob. Mais voila l’astuce : ce n’est pas une Dyna mais un Softail. Et il n’y avait pas de modèle aussi épurée dans cette gamme depuis la disparition de la Night Train. Avec son cadre faussement rigide, le Blackline arbore ainsi une ligne arrière encore plus épurée, d’autant que le garde-boue minimaliste s’est carrément débarrassée du phare (la philosophie des Sportster 1200 Nighster et 48). Simplissime, cette HD veut mettre l’accent sur l’essentiel : son moteur. Le Twin Cam 96 B, malgré sa profonde peinture noire, ne fait aucun effort pour être discret, bien au contraire. Ses culasses aux arêtes polies, son gros cache de filtre à air chromé, et ses immanquables échappements biseautés ‘Shotgun’ à l’allure de lance-torpille conditionnent instantanément le conducteur vers l’essentiel : un style pur et une grande gueule. Comme on pouvait s’en douter, le Blackline rejoint la famille des Dark Customs de Milwaukee. A ce titre, il arbore à moult endroits des touches de peinture noire : cadre, phare, garde-boues, couvre-culasses, carters moteur, roues, fourreaux et tés de fourche, etc… Les chromes n’en sont que plus saillants. Pour en profiter pleinement, vous ne devez pas monter mais DESCENDRE à bord de ce Softail. Extraordinairement bas de selle (660 mm), ce custom propose l’assise la plus basse de la gamme du constructeur ; et dire que le Sportster SuperLow avait fait de grands efforts pour devenir le plus accessible possible. L’agilité ne devrait pas poser de soucis grâce au fin pneu arrière de 144 mm. Ensuite, plus qu’à vivre la route avec le vent dans les dents, fermement accroché au guidon SplitDrag, pieds largement en avant et les os finement secoués par le 1584 cm3 monté sur silent-blocs dans le cadre style ‘Hardtail’. Petit regret, car une machine ainsi typée mériterait de vivre avec un peu plus de sécheresse et de caractère dans les poumons, en adoptant le 96 sans balancier d’équilibrage et fixé rigidement.

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