2018 Softail Fat Bob 1750CC Vivid Black

Le Fat Bob a toujours été le pirate de la gamme Harley. Un rebelle, un mange crochet-du-droit, un estourbeur de Talisker pour les friands de provocation. Un trait de caractère qui s’étend à tout le modèle désormais, du fond des bielles jusqu’au bout du cadre.
Car tout change : moteur, châssis, silhouette ! Le Fat Bob n’est plus ce qu’il était ; il exprime plus, et cogne les détracteurs.

Commençons par LE choc de ce nouveau Bob. Ce n’est plus un Dyna, mais un Softail. On est donc en présence d’une toute nouvelle génération, échangeant son cadre à double amortisseurs latéraux contre le nouveau cadre faussement rigide. Trahit-il de sa culture ? Pas vraiment, car son esprit revêche demeure. Et en récupérant la nouvelle structure Softail, il profite d’une rigidité très sérieusement augmentée. Sans compter une autre amélioration importante du coté de l’amortissement. Comme l’ensemble de la gamme Softail, il acceuille un nouvel amortisseur placé sous la selle, plus efficace et doté d’une pratique molette de réglage juste derrière le mollet droit.
De face, le Softail Fat Bob menace, et pas qu’un peu. Le courage semble exiger pour saisir son train avant. La fourche inversée s’annonce comme un gage d’efficacité et de rigueur, tenant une maousse jante avant chaussée d’un pneu de 150 mm de large. Avec un beau jeu de disques de frein et un garde-boue tronqué au maximum, la roue semble d’un seul bloc, prête à écraser les parpaings et les baskets.
Cette évolution majeure s’accompagne d’une perte drastique de poids. 15 kilos se sont envolés dans la mutation.

Menace, oui. Rien ne semble mieux qualifier ce nouveau chapitre de la Fat Bob. Son design est totalement remodelé. Plus compact, plus trapu même, on dirait qu’il revient d’un combat de catch… avec des ours sociopathes. Depuis le modèle précédent, le garde-boue arrière a été découpé de moitié, la selle a pris de la fesse, le réservoir s’est resserré, la ligne d’échappement devient ostentatoire, et le regard offensif bascule dans l’estocade robotoïde. Une belle sébile de LEDs, presque terrifiante d’audace pour un modèle de la MoCO. A tel point qu’on le croirait piqué sur une japonaise. Le Fat Bob n’est plus la moto espiègle de la gamme, c’est une sauvage à la recherche de baston, avec un design parmi les plus percutants de l’histoire moderne de la marque. Ca bouscule, et ils vont l’aimer pour ça.

Une gueule, forte, tendue, doit avoir le muscle bandé et digne de son acabit. Le Milwaukee Eight y répondra à souhait. A notre sens, la version 114 est celle qui lui correspondrait le mieux. Car le Fat Bob est dispo avec deux versions du gros twin. De série avec le 107 et ses 1745 cm3, offrant près de 14.8 mkg de couple ; ou en option avec 123 cm3 et 1 mkg de plus. Plein de coffre, calmant ses vibrations au ralenti et teinté de modernisme avec ses 2 bougies et 4 soupapes par cylindre, le moteur M8 n’a pas pour autant oublié ses fondamentaux avec une profondeur de fonctionnement très américaine, creusé dans la fièvre du Wisconsin.

Quelle entrée ! Pour sa conversion au format Softail et l’appropriation du Big Bloc M8, le Fat Bob a pulvérisé son identité vers une authentique démonstration de force. Un grizzly de la route, pour les amateurs de plat épicé et de soustraction mécanique.

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